Il n’est pas inutile de revenir sur la question de la banderole en arabe placée quasiment en tête lors de la gigantesque manifestation de la Manif pour tous du 2 février dernier.

Si le fait que la banderole était écrite en arabe a fait couler de l’encre, il est étonnant que personne n’ait relevé que le sous-titrage en français dans une fonte plus petite et plus maigre (hiérarchie inversée oblige, l’arabe prime) ne correspondait pas au texte arabe qui le surplombait.

C’est ainsi qu’à propos de cette banderole Elisabeth Lalesart dans Boulevard Voltaire se disait indignée de la présence de «Français musulmans» à la Manif pour tous et que quelques jours plus tard Kamel Bechikh interrogé dans Boulevard Voltaire sur cette même banderole dans un entretien réalisé par Nicolas Gauthier trouvait naturel que les «Français musulmans» défendent la famille traditionnelle.

Or si l’on peut aisément dédouaner Elisabeth Lalesart et Nicolas Gauthier d’une quelconque mauvaise foi, ils ne sont pas à ma connaissance arabisants, que penser de l’attitude de Kamel Bechikh ? Il parle des «Français musulmans» tout en précisant que les «musulmans de France» sont Français. Habile, très habile, parce que justement le slogan écrit en arabe est extrêmement compromettant, il n’y est pas question de «Français musulmans», mais des «musulmans de France». La différence est de taille !

Le sous-titre en français est le suivant : «Les Français Musulmans Disent NON au mariage homosexuel». La traduction du slogan écrit en arabe est la suivante : «Les musulmans de France n’accepteront pas la législation du mariage homosexuel». Il y a dans la phrase une faute de grammaire et l’arabe utilisé n’est pas des plus soutenu.

La vérité est écrite en arabe. «Musulmans de France» c’est autant ceux qui sont français que ceux qui ne le sont pas. L’appartenance à la oumma prime sur l’appartenance à la France, hérétique nation de citoyens. Alors que le sous-titre en français se conjugue au présent (les Français musulmans disent non...), l’utilisation du futur dans la version arabe prend un tour inquiétant (Les musulmans de France n’accepteront pas...).

Au-delà du débat sur la loi Taubira et plus largement au-delà de la nécessité de sauvegarder la famille, dernière institution, dernier lieu de solidarité encore à l’abri de la destruction et de la marchandisation, il convient de s’interroger sur la signification d’une manifestation de près d’un demi million de personnes issues de la «France bien élevée» (Gabrielle Cluzel) emmenée par une poignée de mahométans visiblement pas très patriotes et pas très cultivés, la hiérarchie inversée étant le propre de la barbarie. Il convient de s’interroger sur l’interdiction qui avait été faite l’an dernier comme cette année aux manifestants catholiques d’afficher leur visibilité tout en mettant en avant la visibilité d’une poignée de mahométans. J’y reviendrai dans de prochains articles.

Pascal Olivier