Ali rapporte: «Le Messager de Dieu a dit: « Les anges n’entrent pas une maison dans laquelle il y une image, une femme ayant ses règles ou un chien ».»

Al-Bukhârî , celui qui écrit « l’authentique », recueil de stupidités islamiques, le redit « Les anges n’entreront pas dans une maison où il y a un chien, ni dans celle où il y a des images. » Inutile donc de requérir Al-Nawawi, Abu-Hayyan, et tous les savants barbus, la cause est entendue : les images c’est l’horreur absolue ; au niveau des chiens et des femmes impures, pire que les Juifs, c’est dire !

Donc ce n’est pas bien de vouloir imiter Dieu ; tu es né crasseux et inculte dans un désert aride, tu le restes ! bon tu peux améliorer l’ordinaire avec quelques razzous chez les chrétiens qui bossent mais sinon tu ne joues pas avec l’Art : l’abus de liberté est dangereux !

D’ailleurs n’est-il pas ajouté « Ceux qui seront punis avec le plus de sévérité au jour du jugement dernier sont : le meurtrier d’un prophète, […]et celui qui façonne des images et des statues. » macarelle, voilà le peintre du dimanche aussi pécheur que Ponce Pilate.

Imparable, c’est hallal de casser des statues, c’est même nettement recommandé. Certains diront que c’est une violence moindre que d’égorger son voisin ; en est-on bien certain ? L’Art est à la fois mémoire et matrice, il contient en fines strates les interrogations, la métaphysique, l’ontologie des âmes humaines qui firent une civilisation, il nourrit l’imaginaire des fils des fils, il forme les formes, il enseigne le sens. Son foisonnement est celui de la nation qui le produit, sa prodigalité entraîne l’homme industrieux aussi, sophistiqué, complexe, irradiant , l’Art créateur, sert de calque à la réalité intellectuelle et matérielle de la société qui l’abrite … entravé il anémie la cité.

L’artiste véritable, libre, ne psalmodie aucun crédo, l’islam est soumission et le coran récitation, tout le tragique monstrueux du dogme mahométan réside là.

« Notre souche est chrétienne. […] renier cette ascendance est toujours possible ; la dénier serait frivole. […] D’où vient notre peinture, et toutes nos passions optiques sinon du Concile de Nicée II […] ? D’où vient la place, voire la prééminence du féminin dans notre imaginaire […], sinon du culte marial ? » écrit Régis Debray qui dans le même texte rappelle l’opinion de Kant « la religion dans les limites de la simple raison » ; il faut croire que le partage de la raison ne fut guère équitable, pas sympa avec les siens le Allah !

Mais cette vieillerie d’allemand, même pas cosmopolite, et le pseudo-intellectuel même pas homo, que sont-ils face à notre seyante omnipotente ci-devant ministre de l’éducation ?

L’éducation, mère de tout.

La belle a tapé de son petit poing nerveux sur la table de l’helvétique catalan « je veux ma réforme, je veux casser ! » et lui trop heureux de cette grenade dégoupillée dans les pieds de Hollande en rajoute ; sinister pecori nous dit Virgile.

Le Grec et le Latin, inutiles, la découverte du siècle des Lumières, inutile, la classification hiérarchique du savoir, inutile, les repères historiques singuliers, inutiles, la langue de la République, inutile, la langue de ses voisins, inutile, la sublime relation maître-élève, inutile ; tous ces moyens que l’occident inventa pour son progrès et qui firent défaut à l’islam, inutiles.

Les Belles Lettres sont étrangères à la pipelette à la foi orientale, à défaut d’enseigner l’humanisme, Sciences Pô inculque la méthode d’usage des rouages ; dans ces choses déclarées inutiles sont les ferments de notre prospérité et de notre existence souveraine, la clef de voûte de notre construction nationale. A Palmyre et à Paris, même haine, même fondement, mêmes dégâts.

A quoi donc faut-il préparer nos enfants pour que soit nécessaire une réforme qui est un bouleversement touchant ainsi à des fondements anthropologiques de notre population autochtone ?

« Si on ne comprend pas l’utilité de l’inutile, l’inutilité de l’utile, on ne comprend pas l’art ; et un pays où on ne comprend pas l’art est un pays d’esclave ou de robots, un pays de gens malheureux, de gens qui ne rient pas ni ne sourient pas, un pays sans esprit » (Ionesco) ; mon pauvre Eugène l’avenir est tué dans l’œuf.

Ce faisant, dans leur absurdie mortifère les libéraux-libertaires s’esbaudissent : la nation, seul bien des pauvres, cette force vive qui bloque le consumérisme servile vacille sur son socle de ciment culturel.

Gérard Couvert