Non, ce n’est pas la guerre. Depuis quelques semaines, j’avais l’idée d’écrire un article qui se serait intitulé « heureusement, ils sont cons », mon intention était de montrer comment des terroristes pouvaient mettre la France à genoux avec des actions assez simples à monter.

A l’entrée des grandes villes, des pylônes haute-tension se trouvent le long d’autoroutes, pour ceux qui disposent d’une alarme, le temps d’intervention est supérieur à celui qu’il faut pour mettre en place quelques centaines de gramme d’explosifs qui feront s’abattre le pylône et les câbles sur l’autoroute. Si simultanément 5, 8, 10, 15 attentats ont lieu les conséquences sont : privation d’électricité sur des centaines de milliers de points de distribution, effondrement en cascade (19h. un vendredi de fin Janvier ) de tout le réseau électrique national (*), blocage de sortie de villes avec répercussion globale sur toute la circulation urbaine, accidents à répétition, difficulté de déplacement des secours, interruption des communications, noir dans les rues, panique générale assurée décuplant les effets.

Il est facile de produire et de transporter des substances hautement toxiques, les dizaines de milliers de captages ou autres éléments de la chaîne de distribution d’eau potable ne sont pas protégeables, là encore une action multiple concertée pourrait entraîner des morts et une psychose considérable.

Plus complexe, mais nécessitant peu d’intervenants, serait la création d’une brèche au point de rupture de l’un des barrages hydro-électriques datant d’avant-guerre, en période de remplissage maximum cette action aboutirait à la destruction de l’ouvrage puis par répercussion entraînerait la ruine des autres barrages situés en aval, le tout dans des vallées étroites, habitées, souvent industrielles et débouchant dans des villes qui seraient ravagées par la vague.

Des milliers de kilomètres de lignes ferroviaires sont des cibles de moindre importance mais sans aucune possibilité réelle de surveillance, particulièrement dans le cas d’une attaque-suicide.

Nos gouvernants ont de la chance – et nous ? – en venant, d’une façon discutable, sur les lieux des attentats, à Charlie Hebdo puis, c’était prévisible, au Bataclan, ils prennent un risque considérable : observez les images, il y a à chaque fois dans leur proximité des véhicules garés, il suffirait que l’un d’entre ait été mis là bourré d’explosifs. Commandée à distance, l’explosion aurait des conséquences considérables, inouïes, d’autant plus que par soucis de communication et de leur destin personnel, les ministres les plus emblématiques se pressent outrageusement dans le champ des caméras. Concernant la présence conjointe du président de la République et du Premier ministre, il s’agit d’une démonstration supplémentaire de leur amateurisme et de leur manque d’implication réelle.

Ces horreurs seraient des actes de guerre contre la France, l’obligeant à des mesures extrême de limitation des libertés publiques, et à des actions militaro-policières libérées des contraintes du droit ordinaire ; c’est d’ailleurs le sens des propositions du président devant le congrès. Cent cinquante djihadistes suffiraient à exécuter successivement ces actions ; avec un ordonnancement calibré, les activités économiques, culturelles, politiques du pays seraient suspendues durablement ; au moins 10% du PIB serait dilapidé en quelques semaines, le traumatisme social modifierait à jamais les segmentations politiques, la forme même du gouvernement serait remise en cause.
Ceci serait la guerre asymétrique redoutée, et, l’avertissement de Manuel Vals le confirme, nous n’avons aucun moyen de l’empêcher.

Heureusement qu’ils sont cons ! Ou bien est-ce autre chose ?
L’islam a le temps et manipule des symboles au-delà des faits. Ces attentats s’inscrivent dans cette pratique. Le but ultime des musulmans est celui assigné par le coran : faire du monde entier la maison d’Allah, les moyens importent peu, les échecs intermédiaires sont sans importance, la durée n’est pas prise en compte.

Les tueries de vendredi ne sont ni une action de guerre, ni même un avertissement, nous ne sommes en fait pas concernés, ce sont les musulmans vivant en Europe qui sont les destinataires du message.

« Nous pouvons frapper où nous voulons, nous nous rapprochons de vous, ne soyez pas tentés par la mécréance ; vous êtes encore trop liés aux non-musulmans, trop proches d’eux, mais voyez comme ils ont peur de vous et ne vous désignent pas, au contraire ; vous n’avez pas encore assez marqué vos territoires conquis par l’islam, pour leur paix, les mécréants sont prêts à concéder davantage. Ne cessez pas de nous envoyer vos fils car vous savez comme ils sont forts et proches d’Allah. Voilez vos filles qui sont trop impudiques, car les lieux maudits seront frappés, tournez-vous vers l’islam car là est votre sécurité. »

La suite est connue, bientôt des imams considérés, à raison ou le plus souvent à tort, comme « modérés » seront la cible d’assassinats, surtout avec la fermeture officielle des mosquées dites salafistes, distinguo commode permettant de ne pas viser l’Arabie Saoudite.

L’invasion migratoire suscitée par Erdogan sera relancée dés que l’U.E. aura montré son absence de volonté d’en inverser le sens.

Quelques déséquilibrés et autres loups solitaires continueront de maintenir le débat hors du champ de la réflexion ontologique de l’être musulman.

La nationalité française accordée sans réciproque intime continuera d’installer deux peuples sur le même territoire en interdisant au premier, le seul légitime, la défense de son mode de vie : les pouvoirs publics ne pourraient pas gérer un mouvement dont 2005 ne serait que la gentille répétition ; l’Etat islamique le sait.

L’angélisme, autre nom de la pleutre complicité, et la faiblesse organisée de notre parole civile, ont permis que se forme une chaîne, sorte de cordon Bickford, dans toute la communauté musulmane en France (et en Europe), le fond idéologique est connu, Daesh vient de le rappeler ; peu importe que les soi-disant extrémistes ne soient que 10, 15 ou 20 %. Au milieu d’essence, l’eau aide la combustion. Un extrémiste comme son nom l’indique se trouve au bout de quelque chose auquel il est indissociablement lié ; et cette chose, ce terreau, n’est pas combattu.

La revendication par le califat doit être lue dans l’esprit de ceux qui l’ont écrit ; la sourate 63 – les hypocrites – n’est pas un choix innocent, surtout précédé du rappel précédant sa citation. Chacun doit lire et considérer la répercussion des versets 3 à 5 remis dans le contexte d’un islam de France, vaguement en voie de sécularisation.

Non ce n’est pas la guerre que l’on vous décrit d’un monde civilisé et pacifique, auquel appartiendrait un islam occidentalisé, contre un monde dominé par une pensée moyenâgeuse ; il s’agit de la poursuite intemporelle d’une folie globalisante d’un système de pensée incapable d’accepter l’Autre comme légitimement différent. Nous leur proposons d’êtres nous, et le coran leur rappelle sans cesse que nous devons devenir eux ; de gré ou de force.

Ce qu’ils veulent, c’est la guerre intérieure, que je ne nomme pas civile, ce sont les banlieues se barricadant, l’appel obligé à l’armée, les tours des cités bombardées ; voilà leurs rêves, croyez-vous que les habitants de ces lieux résisteront longtemps à la terreur religieuse puis physique ? Bien sûr que nous reprendrons le contrôle, pour cette fois, eux s’en moquent, l’islam a le temps, mais ensuite ?

L’Italie, pourtant bon élève du prêchi-prêcha différentialiste, pourrait être le prochain pays visé, avec la même intention ; la Grande Bretagne à t-elle fait assez en matière financière pour espérer être épargnée ; l’Espagne a déjà subi cette violence, mais Al-Andaluz refuse encore trop de mosquées ; l’Allemagne a donné ses gages en appelant la foule migrante.

Chez nous, le déclenchement se fera par la destruction d’un monument emblématique, le feu à Chambord, l’explosion du cénotaphe de Glanum, le soufflage des vitraux de Chartres, des milliers de cibles potentielles et aucun moyen de les préserver. Palmyre n’a pas servi de leçon à des dirigeants incultes, insipides, assensuels et incapables donc de percevoir le sens de cette destruction : l’islam manipule des symboles.

Nous sommes désarmés, fragiles parce que nous ne voulons pas admettre que le combat est culturel, en ce sens c’est une guerre de civilisation.

Gérard Couvert