Le mercredi 27 janvier 2016, j’ai assisté à la cérémonie officielle régionale organisée au Wagon du Souvenir des Milles dans le cadre de la «Journée Internationale de commémoration en mémoire des victimes de la Shoah» décidée par l’Assemblée Générale de l’ONU. Cette cérémonie revêtait un caractère particulier cette année suite aux attentats de janvier et novembre 2015 en France.

Tout un aréopage de personnalités était présent : le préfet de région, M. Stéphane Bouillon, le sous-préfet, le maire d’Aix-en-Provence, les vice-présidents des Conseils Régional et départemental, les conseillers municipaux, les associations de déportés, l’association française des Justes des Nations etc…

La cérémonie commence par la liste des noms des enfants déportés à Auschwitz en août et septembre 1942. Moment très émouvant car on s’aperçoit que des familles entières ont été décimées.

Puis les discours des uns et des autres s’égrainent parlant de la barbarie d’alors et actuelle sans parler ouvertement des barbares musulmans sunnites de l’État islamique qui assassinent, décapitent, égorgent, crucifient à tour de bras. Ils ont parlé de l’antisémitisme en France sans dire que c’est essentiellement du fait des musulmans. Bref tout le monde a parlé des barbares actuels sans les nommer ! Comme s’ils étaient une vue de l’esprit de gens mal intentionnés.

Une seule personne représentante de la communauté juive a parlé dans son discours des églises saccagées en France. Je suis allée à la fin de la cérémonie le féliciter de l’avoir mentionné. Il m’a répondu qu’il fallait dire les choses, les nommer. Le seul courageux des intervenants en quelques sorte !

Venons-en au discours du Préfet Bouillon, venons-en au bât qui blesse. Il a osé parler d’islamophobie ! On commémore la mémoire du génocide des Juifs, et il utilise un mot instrumentalisé par les islamistes, qui rêvent d’éradiquer les juifs de la planète ! En renvoyant dos-à-dos l’islamophobie, qui est le droit de de ne pas aimer un dogme politico-religieux, et l’antisémitisme, qui est un racisme, ce préfet banalise l’horreur de la Shoah. C’est une faute professionnelle.

D’autre part, il a parlé d’antisémitisme et d’islamophobie mais pas de christianophobie. Rien du génocide des chrétiens d’Orient. Par contre, le discours étant bien rodé et certainement insufflé par le gouvernement, il nous a servi le message habituel : «d’ailleurs les premières victimes sont les musulmans».

Après la cérémonie, je suis allée le voir pour lui demander : «Vous avez oublié la christianophobie, c’est un oubli ou c’est délibéré ? Parce que vous n’ignorez pas les dégradations faites aux cimetières chrétiens et aux églises en France » Sa réponse : «ce n’est pas pareil». J’étais tellement sidérée que je ne lui ai pas demandé pour quelle raison ce n’était pas pareil.

Cette réponse est indigne d’un représentant de l’État. Donc pour M. Bouillon les Chrétiens sont des citoyens français de seconde zone. Ce n’est pas pareil, donc cela veut dire que dorénavant, on pourra se faire égorger, assassiner (par des déséquilibrés je suppose !) ce n’est pas la même chose que si se sont des musulmans ou des juifs. En France, l’indignation est à géométrie variable.

On a commencé par oublier les chrétiens d’Orient, on continue avec les chrétiens français jusqu’à leur disparition totale. Triste avenir pour nos enfants et pour la brillante civilisation que nos ancêtres ont forgée à force de sacrifices.

Face au Mal, il est possible de se lever mais face à l’endoctrinement dans les écoles, les médias, les français auront-ils le sursaut nécessaire ? Nos gouvernants sont allés trop loin dans la compromission, les accommodements irraisonnables, les reculs.

Josyane Solari

Note de Pascal Olivier :
« Le chantage à l'islamophobie est insupportable » a déclaré Régis Debray dans le Marianne du 29 janvier au 4 février. Il y est interrogé à propos d'un petit livre qu'il vient d'écrire avec le préfet Didier Leschi, « La laïcité au quotidien ».