On ne peut bouder notre plaisir devant l’immense défaite du chanoine de Riyad écarté de la course à la présidentielle par son propre camp dès le premier tour des primaires de la droite et du centre. Le Peuple est de retour. Avec le brexit, l’élection de Trump, l’éviction spectaculaire de Sarkozy, nous assistons à un Printemps des Peuples.

Pour mémoire voici quelques extraits de son discours-prière psalmodié dans la capitale du fanatisme (Riyad), quelque chose entre une reddition et une conversion à un improbable syncrétisme à dominante islamique. C’était le 14 janvier 2008, peu après l’insultant discours du Latran, le 20 décembre 2007 :

« D’ici partit il y a 14 siècles le grand élan de piété, de ferveur, de foi qui allait tout emporter sur son passage, qui allait convertir tant de peuples et faire naître l’une des plus grandes, des plus belles civilisations que le monde ait connu. »

« Finalement, le Dieu unique des religions du Livre » [Le catholicisme et l’orthodoxie ne sont pas des religions du livre. La notion de religions du livre est mahométane].

« Il n'y a pas de civilisation qui ne soit le produit d'un métissage. L'Occident a recueilli l'héritage grec grâce à la civilisation musulmane ».

« Sur la condition des femmes, sur la liberté d'expression, l'Arabie saoudite elle aussi s'est mise en mouvement ».

« L’Arabie Saoudite et la France n’ont pas seulement des intérêts en commun. Elles ont aussi un idéal commun ».

Par ailleurs Sarkozy a fait sauter le verrou référendaire qu’avait mis en place Chirac pour tout nouvel élargissement de l’UE et a ouvert à la Turquie onze des seize chapitres de l’acquis communautaire ouverts à ce jour. Le bonimenteur a eu la hardiesse pendant la campagne des primaires de reprocher à Hollande d’avoir ouvert le chapitre Politique économique et monétaire alors que ce dernier n’en a ouvert en tout que trois ! Certes, trois c’est trois de trop et le chapitre en question n’est pas des moindres (son ouverture avait été refusée par Sarkozy en 2007), c’est tout de même l’hôpital qui se moque de la charité !

Cette défaite du chanoine de Riyad est aussi celle de ceux qui ont appelé à voter Sarkozy pour des raisons tactiques, pour barrer la route à Juppé. Qu’ils se soient rattrapés aux branches à la dernière minute en appelant à voter Fillon ne change rien à l’affaire, on n’appelle pas à voter pour un tel personnage (Sarkozy) même pour de bonnes raisons. Et l’on ne demande pas à ceux qui ne se reconnaissent pas dans la droite libérale d’aller signer une déclaration mensongère pour fausser la sincérité du scrutin. C’est valable aussi pour les inciviques qui à gauche ont manigancé pour favoriser Juppé, c’est également leur défaite.

Pascal Olivier