Sur le plan électoral, c’est un calcul étrange que ce voyage dans ce pays car bon nombre des électeurs de droite et du centre tentés par le coté techno-propre libéral de Macron ne sont pas précisément enclins à partager davantage avec des immigrés nouveaux, sans compter une certaine hostilité –larvée, cachée mais réelle – à l’islam. Étrange, aussi car dans la surenchère « j’aime les musulmans, les mosquées avec moi ! », il a du chemin à faire pour rattraper les champions du genre, Mélenchon et Hamon, alors quoi ? Compterait-il sur les services secrets algériens pour déjouer le complot Russe ? Ou faut-il imaginer des valises remplies d’euro ?

Se rendre à Alger, plutôt qu’à Rome, pourquoi pas, ce serait un mauvais choix compréhensible, mais à quoi peuvent servir les provocations imbéciles auxquelles il s’est livré ? A récupérer des électeurs acquis aux autres candidats de gauche, en leur montrant combien il n’est pas de droite, donner des gages à la Taubiboche, à Plenel, aux porteurs de valises ; ceci serait un signe supplémentaire de son absence de surface politique réelle et de sa certitude qu’une succession de coups médiatiques vont le porter à l’Élysée.

Au-delà d’une efficacité dont on cherche le levier, d’une fatuité caractérielle, d’un calcul cynique contre la France,  il y a aussi la démonstration d’une méconnaissance totale de l’Histoire ; sans doute est-ce là un savoir négligeable qui relève de la culture, cette chose honnie qui entrave le gouvernement mondial des banquiers dont il est le zélé commissionnaire.

En France, généralement, c’est la gauche qui à été colonisatrice et la droite contre, c’est la IIIe république qui engagea la colonisation de l’Algérie alors que Napoléon III désirait un « royaume arabe ». Le PCF, à la sortie de la guerre inversa les choses, suivant jusque dans l’abjection, les recommandations du grand frère soviétique.

Cette colonisation française de l’Algérie, non-désirée, quasi-hasardeuse, fut-elle une succession d’abominations et de crimes ? Et si tel fut le cas, alors que font 4 millions d’Algériens chez nous ? Sont-ils masochistes ou vengeurs ?

« La colonisation est un crime contre l’humanité » phrase creuse qui pue les années Mitterrand.

Condamnons donc les Celtes colonisateurs de l’Ouest européen, les Latins grands colonisateurs devant l’éternel, n’oublions pas les Tutsis envahissants les Hutus avec la réaction que l’on connaît, ni les Toltèques. Il faudrait aussi parler de l’Asie centrale, des amérindiens, des empires africains rarement pacifiques et toujours capteurs de terres ?

Condamnons les Turcs venus du centre de l’Asie jusqu’aux bords de la Méditerranée, les Vandales, les Huns et leurs cousins  Mandchous colonisant la Chine.

Et puis bien sûr les champions, Arabes colonisateurs du Moyen-Orient, de la Perse, d’une partie de l‘Inde (en y laissant 78 millions de morts), envahissant l’Europe de l’Est jusqu’à Vienne, et l’Espagne et … l’Algérie, où ils ne furent remplacés que par les Turcs. Ainsi donc les 132 années de présence française dans ce territoire anational sont peu de chose en regard des 1149 ans de la colonisation musulmane.

Aucun continent, aucune époque n’ont été exempts de colonisations ; parfois doublées d’un génocide, invasions guerrières avec leur lot de pillages et de violences … Abd El Kader, vaincu par les Français, est mort dans son lit et en terre musulmane ; nous ne sommes pas les pires.

L’Africa romaine comptait plus de 3 millions d’habitants, lorsque nous sommes arrivés, 15 siècles après il y en avait 3 fois moins, belle réussite ! 132 ans plus tard  presque 10 millions d’habitants, et un territoire aux infrastructures complètes et neuves ; mais à quoi bon ressasser ce qui ne doit pas être su.

Oh, et puis zut, parlons des homos sapiens venus d’Afrique coloniser les néandertaliens.

Gérard Couvert