Je commencerai mon intervention par l’évocation d’un souvenir personnel ; bien que d’une famille arrivée en Oranie durant le règne du dernier roi de France, mon père démobilisé de la deuxième DB se maria à sa marraine de guerre, fille d’un des constructeurs du Tanger/Fez, installé au Maroc, c’est donc dans ce protectorat que j’ai grandi, passant une partie des vacances chez mon grand-père en Algérie. 

Dans la cour de l’école, tous enfants mélangés sous les auspices de la laïcité intransigeante de l’époque nous ne parlions qu’en français, à part bien sur les « gros mots » comme l’on disait en ce temps-là. Il en allait différemment dehors ou les parties « d’abricot » , enragées, pouvaient bruire du dialectal … et de ses 60 % de vocabulaire d’origine latine.

Tout allait sans soucis jusqu'à la rentrée de CM1, en plus de notre institutrice nous fumes présentés à un bonhomme sec, austère, avec des yeux fuyants que traversaient des éclairs violents, nos regards d’enfants incrédules se cherchaient, espérant trouver une explication, lorsque, en arabe, il nous intima l’ordre de regarder le sol.

C’est ainsi que durant deux ans, à raison de deux heures par semaine, j’ai appris à écrire l’arabe avec un égyptien ne parlant pas un mot de français et tout à sa haine de l’Occident. Si, nous autres, avions peu de remarques, les copains marocains étaient abreuvés d’injures car ils ne parlaient pas le « bon arabe » et je n’évoque pas le sort des petits juifs ; la matinée s’achevait avec des oreilles rouges de torsions, des stries sur les cuisses, et des marques laissées par les noyaux sur lesquels les punis devaient s’agenouiller devant le bureau du maître.

Ce personnage pour qui l’éducation se confondait avec humiliation et apprentissage avec bourrage de crâne, bien que probablement envoyé par le laïque Nasser, se sentait investi d’une volonté divine, celle de ramener ces petits musulmans dans le Juste. Cet homme, adoptant un ton de prédicateur, nous faisait des dictées, exercice complexe en arabe, durant lesquelles il passait entre les tables faisant tournoyer une longue règle en aluminium, qu’il laissait s’abattre lorsqu’il repérait une faute ; selon les cas le lourd objet retombait sur une épaule, une tête ou - c’était notre terreur - sur la main écrivant. La plume « sergent major » rendait alors toute son encre violette et la tache maculait la feuille, si elle atteignait un mot, ce qui était le cas général, alors la punition suivait … « mais monsieur c’est vous … » ne servait qu’a augmenter l’injustice subie.

Toute la conception musulmane de l’école est comprise dans ce souvenir.

Croyez-vous qu’il en soit autrement aujourd’hui ? Là-bas comme, hélas, ici ! Je ne parle pas uniquement des méthodes, mais aussi du fond : le savoir ne peut s’éloigner des normes édictées, il n’y a pas de place pour l’individu, chacun doit être soumis à la sharia, chacun n’est qu’une part de Dieu, dominée sur terre par celui qui détient un pouvoir, lequel ne peut être que religieux. 

Nous n’en sommes pas là me direz-vous ! Si, dans les écoles coraniques en France, c’est cette conception qui prévaut, sur notre sol un système de représentation du monde et des rapports de l’humain au savoir, contraire au nôtre est inculqué à de jeunes esprits ; c’est sans doute un signal faible mais sur un plan symbolique c’est considérable. Nous ne devons jamais oublier qu’une terre, ici pris dans son sens métaphorique, qui a connu l’islam à vocation à demeurer musulmane, ainsi toute introduction, même minime, de la sharia dans les processus de l’éducation est considérée par nos ennemis comme un ferment, une spore résiliente.

Au-delà de ces fabriques de décérébrés que sont les écoles coraniques, la sharia est aussi présente, incidemment, dans notre système éducatif. Je vous donnerai deux exemples : les programmes d’histoire pour l’aspect du contenu, les EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires, chers à la marocaine Belkacem qui concernent l’aspect dogmatique.

Dans l’enseignement national le fait de l’extension musulmane est mis désormais sur un plan d’égalité symbolique avec l’empire romain, sous-entendu dans son rôle fondateur et pourvoyeur de progrès, et, comparé à l’empire carolingien pour son appétit de conquêtes, nul besoin de rappeler l’inanité de telles affirmations, ce qui nous préoccupe ici aujourd’hui c’est ce que cela révèle. Comme le notait Lévi-Strauss l’islam est impropre à supporter les comparaisons, système totalitaire et globalisant, il ne peut s’accommoder que de la prééminence ; en introduisant la confusion dans les connaissances fondamentales des adolescents, en faisait croire que l’islam à toujours été là, en Europe, en récupérant la force civilisatrice de l’empire romain, ou  reconstituante de l’empire carolingien, on évite la réalité des faits, lesquels sont accablants pour l’islam (prédateur), et on place celui-ci comme successeur naturel, l’islamisatoin comme prolongation normale de l‘histoire occidentale. Ce faisant on prépare la dichotomie : Dâr al-harb et dâr al-islâm, la maison de la guerre, la maison de l’islam, assertion idéologique consubstantielle de la sharia.

Le vocabulaire choisi n’est pas innocent, ainsi on parle de transmission des savoirs, de poursuite de la recherche, de renaissance culturelle ... Ah ! Renaissance, avec une minuscule, mais qui cherche à masquer l’autre, la nôtre, avec son R majuscule, fait majeur de l’Histoire de l’humanité qu’on voudrait occulter.

Parce que c’est bien-là, que le génie de l’Europe – certains diraient du christianisme – a montré toute sa puissance créatrice et placé l’islam au rang des dogmes tragiquement stériles. Si j’évoque cette époque c’est que c’est là que notre pensée scientifique s’est affranchie de la théologie, c’est là que nous avons segmenté le savoir humain en disciplines déterminées, permettant l’essor de la connaissance,  c’est là que nous avons inventé la modernité, ce droit incessant à la critique, au prix de biser l’unicité de la création divine. C’est cela que la sharia réprouve.

Qu’est-ce que les EPI, un gadget de pédagogistes pour profs genre  « bras-cassés copinant avec les élèves », non pas seulement, dissimulée aux gogo-bobos c’est l’idée de décloisonnement, de pluridisciplinarité, de globalisation, c'est-à-dire l’exact contraire de la Renaissance, c’est une brisure volontaire de l’élan émancipateur de l’Occident. C’est faire croire qu’il n’y a rien à apprendre vraiment et tout à découvrir en soi, c’est refuser l’effort, souvent douloureux de l’apprentissage, du doute, au profit de l’attente de la révélation ; par le jeu … pour l’instant ; la férule viendra en son heure. (Aristote souvent évoqué, reste incompris).

Il y a d’autres éléments de distorsion, comme cette fâcheuse manie de faire découvrir aux élèves les énoncés des problèmes en donnant la solution, inversion des causes et des conséquences si présente dans la sunna et contraire à toute rigueur intellectuelle.

Pourtant les musulmans sont peu nombreux dans le corps enseignant, alors si insidieusement la sharia pénètre notre éducation c’est qu’il s’y trouve des relais de complicité objective. Gauchistes, pédagogistes, qui agissent pour détruire tout notre édifice culturel espérant construire sur les ruines de l’âme occidentale un homme nouveau, global, aculturel et indistinct, lequel rejoint celui de la sharia ; habitants d’un monde sans tension puisque soumis au même pouvoir indépassable. Un monde sans pensée critique, clos, voilà le point de conjonction islamo-gauchiste.

Nous savons, nous, que ceux qui rêvent d’humanité sans questionnements finissent toujours par construire des goulags ou des dhimmitudes.

L’espoir de notre réunion et de faire émerger un concept de désislamisation, par des voies juridiques et politiques ; je souhaite que ce colloque débouche sur la création d’un organe de réflexion permanent qui reprendrait nos travaux en en amplifiant la cohérence et la profondeur d’analyse, affinant nos propositions ; devenant un point de référence.

J’indiquerais ci-après quelques pistes, puis quelques idées de mesures propres à permettre la désislamisation dans le domaine de l’éducation :

- premièrement ; désislamiser les esprits des formateurs, leur faire renoncer à leurs présupposés positifs, aux syllogismes qui entravent leur compréhension de ce qui se trame ;

- deuxièmement ; établir des programmes offensifs, et non pas neutres comme auparavant, concernant l’histoire des nations occidentales et des idées ;

- troisièmement ; démanteler l’organisation pré-factieuse des « structures musulmanes ».

Suivons maintenant ces pistes.

I/ Actions sur les formateurs.

Tout problème social trouve sa source dans une carence éducative, cette affirmation peut donner l’idée que tout provient de l’éducation, au sens large, et donc qu’il suffirait d’extirper toutes traces de la sharia du processus éducatif pour que, en une génération, notre réussite soit complète. C’est vrai, mais impraticable ; d’une part avons-nous ce temps disponible, et d’autre part les acteurs éducatifs sont, pour le moment, peu réceptifs à une prise de conscience du danger.

Il y a pourtant une légitimité à mettre en place une formation spécifique traitant de la sharia, de ses objectifs et des moyens mis en œuvre contre notre système de pensée, parce que nos ennemis, eux, sont organisés.

L’ISESCO ( Organisation islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture ) organisation internationale théorisant la pénétration de la sharia dans la société et la culture des pays hôtes de communautés musulmanes, dont l’homophonie avec UNESCO montre toute la duplicité envieuse, ne fait pas mystère de son projet ; dans un document intitulé « Stratégie adoptée par la neuvième Conférence islamique », réunion tenue au Qatar, il est écrit :

« La stratégie vise aussi à déterminer les tentatives qui portent atteinte aux enfants des communautés et minorités musulmanes à l’extérieur du Monde islamique et qui entravent les efforts consentis pour corriger l’image de l’islam et des musulmans ».

Et puis, parlant des efforts occidentaux :

«L’aliénation systématique pour les enfants des communautés musulmanes au travers de l’école et de l’éducation par l’information. Les enfants des communautés musulmanes sont les sujets d’un plan organisé visant à consolider les valeurs occidentales et à enraciner les manières de penser, de se conduire et les habitudes qui leurs sont associées. Ce plan commence au niveau des écoles maternelles et continue au long des niveaux d’éducations scolaires, et est renforcé par les pressions de la culture (des rues) et les moyens de communication… ».

On ne peut être plus clair, d’une part corriger l’image de l’islam, mais pas le fond, on ne touche pas à la sharia, d‘autre part contrecarrer tous les efforts d’intégration notamment à l’école.

Les éducateurs devrons donc être informés que les difficultés qu’ils rencontrent, parfois pour des choses apparemment mineures, les résistances à telle ou telle affirmation scientifique ou demande ne sont pas hasardeuses et isolées mais bien le produit d’une stratégie réfléchie et à long terme d’introduction de la sharia dans les établissements scolaires et culturels occidentaux.

II/ Actions sur les programmes

Nous devons résolument modeler nos programmes afin de contrer l’introduction progressive et lente des éléments de la sharia, que ce soit explicitement, comme l’histoire par exemple, ou implicitement par la mise en avant de méthodes et de conceptions s’attaquant à la cohérence de notre système de pensée, de nos références culturelles, de l’ équilibre émotionnel de nos sociétés.

L’on voit aujourd’hui des adolescents persuadés qu’aucun américain n’a jamais foulé le sol de la Lune puisqu’il n’était pas le serviteur d’Allah. Pire certains vivent avec l’idée que la science, la connaissance exposée dans les écoles qu’ils fréquentent n’a de valeur que dans le monde « occidental » et que dès qu’ils sont dans leur quartier il existe un autre savoir extrait de la sagesse des savants musulmans.

Wa Allâhou A'lam : « Allah est le plus savant », 3000 fois répété dans la prière, devient indélébile.

L’histoire des rapports entre l’Occident et l’islam devra retrouver le chemin de la vérité, de même celle des chrétiens d’Orient ou du Maghreb. La réalité de l’apport musulman à la marche de l’humanité vers la connaissance sera replacée dans son court contexte historique et sa faiblesse quantitative ou qualitative.

Une part importante de l’enseignement de l’histoire devra être consacrée aux substrats pré-islamiques, Juifs par exemple en Arabie, et surtout chrétien et polythéiste en Afrique du Nord ; il faut fournir un imaginaire et des références qui montrent à quel point la conquête musulmane est partout et en tout temps synonyme de régression.

Les filles doivent être visées par notre effort : la Kahéna plutôt que la Fatma ! Aucune dérogation pour le sport les sorties ou les voyages scolaires ; et, je sais cela fait frémir certains ici, mais une éducation sexuelle intrusive et un martèlement de l’égalité des droits homme/femme sont de nature à rompre le lien de servitude que la sharia implique pour les femmes.

La mixité devra être renforcée, y compris dans les cours de gymnastique où une tenue appropriée devra être imposée. L’éducation musicale renforcée et sans complaisance excessive pour les musiques « ethniques ».

On sait l’appétence passée des musulmans pour les mathématiques et aujourd’hui pour l’informatique ceci provient du seul fait qu’il s’agit de développements immatériels donc où l’homme n’entre pas en concurrence avec Allah. Il faut encourager, même par des moyens incitatifs, les musulmans scolarisés à s’intéresser aux sciences du vivant et à la physique où ils seront confrontés avec les interrogations fondamentales que les européens ont surmontés au XVIIIeme siècle.

L’affaire du professeur de philosophie du lycée Avéroes est là pour nous rappeler l’importance de cette discipline, tout comme l’étude des langues anciennes.

Il faut rehausser le niveau de français et surtout en revenir à l’étude des textes littéraires et non des supports extra-culturels (journaux, documentation, publicité).  L’histoire des Arts, supprimée par l’intrigante et manipulatrice ministre actuelle, doit devenir une discipline à part entière afin de donner les grilles de compréhension de notre univers mental, architectural et artistique. Seule la compréhension intime de notre passé est de nature à éviter les mirages du présent. Partageons les clefs de la suprématie de la pensée occidentale.

III/ actions sur les organisations promouvant la sharia

J’ai évoqué tout à l’heure la « Stratégie de l'Action culturelle islamique à l'extérieur du monde islamique » promu par une organisation liée aux petro-monarchies, mais la Turquie n’est pas en reste et se joint aujourd’hui aux moyens d’influences plus anciens du Maroc et de l’Algérie.

Servant de relais, en France, c’est donc tout un réseau souterrain de medersa, d’écoles privées hors-contrat (parfois illégales), d’associations culturelles masquant des associations cultuelles (souvent sous perfusions de collectivités locales), d’écoles, de collèges sous contrat, de lycées,  sans oublier l’ineffable et dangereux Institut Européen des Sciences Humaines, faux nez des Frères Musulmans.

Plus discrètement liés à cet écheveau, le Conseil Français du Culte Musulman et l’Institut du Monde Arabe (lequel rétribue par exemple la présidente des Indigènes de la République).

Les moyens juridiques existent déjà pour contrer cette hydre qui a en germe les structures d’un état parallèle ; il faut les mettre en œuvre avec brutalité :

- fermeture immédiate de tous lieux contrevenant à la Loi de 1905 et aux financements illégaux, en particulier les subventions déguisées ; lancement de poursuites pour des faits non-prescrits ; contre les associations mais aussi contre les élus ayant contrevenus ;

- surveillance accrue et répression éventuelle des associations sportives ou des camps de jeunesse masquant l’organisation de milices privées ;

- arrêt immédiat de tous enseignements de l’islam, du droit islamique de la théologie musulmane dans le cadre de l’éducation nationale, hors recherches scientifiques.

Cela ne suffira pas, il faudra légiférer sur le financement des écoles coraniques et sur le contenu de leur enseignement, encadrer davantage les organisations étrangères opérant sur notre sol.

Mesdames, Messieurs,

parvenu à la fin de cette intervention, peut être moins sociologique et froide que ne le souhaitaient les organisateurs, constants combattants de notre liberté identitaire, je vous citerai quelques propositions des documents évoqués au début :

 L’attention doit être portée, dans l’action sociale et éducative, sur les enfants de la deuxième et troisième générations […] pour renforcer leurs relations d’appartenance et de lien […]

Permette aux jeunes de visiter régulièrement leurs pays islamiques [d’origine] et de communiquer avec eux en tant que représentants [… ] de leur appartenance religieuse et culturelle laquelle devrait être consolidée par la connaissance et la conscience de l’héritage islamique.

L’ouverture de crèches et d’établissements préscolaires islamiques […]

L’enseignement de l’arabe devrait être étendu à tous les enfants des communautés musulmanes en Europe, puisque c’est le langage du saint Coran et le pilier de l’identité civilisationnelle.

Sans conteste il s’agit d’un appel à la sédition culturelle, en attendant l’autre, politique.

Pour conclure je cherchais hier une citation dans des notes éparses, ce fut un flot, jamais je n’avais autant pris conscience de l’unanimité des  jugements sur l’islam de tout ce que l’occident a pu produire de penseurs, alors j’ai choisi ce raccourci d’un article paru il y plus de 60 ans : «  Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis « musulmane » je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet.

 Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution. » André Malraux (Time 3 Juin 1956). 

Pourtant je ne terminerai pas sur cette note angoissante et préfère ce conseil du poète Perse Omar Khayyam (1038 – 1124 ou 1048 1131) " Referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre ".

Gérard Couvert