Source Boulevard Voltaire

  L’absence de rectitude intellectuelle, voire une authentique malhonnêteté, est devenue la règle chez les rédacteurs de presse et les chroniqueurs de télévision ; ces commentateurs, experts en tout, du moment que la pige est bonne, montrent sans cesse l’étendue d’une suffisance inversement proportionnelle à leurs compétences réelles.

La consanguinité idéologique du milieu médiatique est telle qu’il n’est point besoin de conciliabules des chefs pour que la propagande se répande, invisible, euphorisante et incapacitante comme du protoxyde d’azote. Englués dans leur médiocrité, leur inculture, privés d’imagination, ces tâcherons serviles du mondialisme sont-ils seulement capables de voir ce qu’ils font ? Dans les bordels, les putes n’ont guère besoin d’instructions pour vanter, chacune, leurs mérites aux michetons ; j’espère que ces demoiselles me pardonneront cette comparaison désobligeante.

Tout ce milieu, taraudé par les tares de l’entre-soi, ne bruisse que d’une crainte : « Tiendrons-nous jusqu’au 7 mai ? » Mettant en œuvre les pires manipulations, les mensonges, les intoxications, cette coterie concourt à éviter une vraie campagne, empêchant toute interrogation collective sur l’avenir de la France.

Les plus lucides des Français le savent : le 23 avril, nous entrerons dans le tunnel létal ou nous nous rétablirons comme peuple vivant.

Que nous reste-t-il donc pour établir notre choix ? La fragilité et l’énergie brouillonne de Sarkozy, la médiocrité envieuse et malsaine de Hollande devraient pourtant nous avoir alertés ; à l’aune de la densité humaine, observons ce qui nous est offert.

Dupont-Aignan, trop droit et toujours retenu, n’est ni Giscard ni Chaban, et ne parvient pas à être une sorte de Macron souverainiste, le fond en plus ; sans doute, justement, parce que, loin d’être un joueur de pipeau insipide et creux, il est inspiré par un profond altruisme que dessert la sobriété simpliste de son verbe

Au sympathique et authentique Lassalle, il manque un degré de truculence et une embrasure plus vaste ; en son temps, Charles Pasqua en disposa pour n’en rien faire.

Face aux outrances de ce qui l’accable, il y a dans l’attitude de Fillon quelque chose d’admirable sur un plan humain, de peu commun ; la résistance commence au premier « non », eh bien, reconnaissons-lui ce courage.

À l’inverse, devant l’adversité des trahisons, l’indigence des réactions de Hamon le condamne.

Il faut parfois lever l’autocensure et accepter les messages délivrés par notre bon sens instinctif : nous savons les ravages d’une mère castratrice, que dire lorsqu’il s’agit de l’épouse-maman ; comment ne pas tenir compte des scarifications psychologiques engendrées par la fréquentation d’une seule femme de 24 ans plus âgée, par l’absence de paternité : Macron n’est pas et ne sera jamais adulte, ses montées stridentes en fin de discours évoquent sans conteste l’excitation d’une mue inachevée.

Ce n’est pas avec une rationalité insuffisante ou éparpillée que l’on pourra appréhender les défis considérables et explosifs du monde à venir, mais par une approche humaniste, sensuelle même. La politique pure doit l’emporter à nouveau, c‘est d’ailleurs ce qui attire chez Mélenchon, nonobstant sa dégaine d’anar-esthète et son train de vie de sénateur.

Il ne manque plus grand-chose à Marine Le Pen pour se hausser au rang de ceux qui incarnent, à un moment donné, l’âme d’un peuple, l’esprit d’une époque et l’espérance d’une nation. Sa sincérité doit désormais l’emporter sur la mesure du langage, elle doit en appeler aux sentiments ; le lyrisme est une composante essentielle du discours en France, il ne suffit pas de choisir de belles et parlantes citations, il faut aussi, par la poésie des mots, atteindre l’intime.

Justement parce que cette élection est celle du choix entre un monde civilisé, sensible, différencié et un autre, consumériste, global, canalisé, nous devons porter au pouvoir un être pétri par l’amour charnel de la nation, peu importent ses insuffisances techniques ; fermons les yeux et interrogeons-nous : sur quel bulletin y a-t-il écrit « la France au cœur » ?

Gérard Couvert